07 février 2008

Signer la pétition : On veut supprimer la formation clinique infirmière à l’AP-HP !

L’association IDEES (Infirmières Diplômées d’Etat Expertise en Soins) regroupe bon nombre d’infirmières qui ont été formées par le CFCPH (Centre de Formation Continue du Personnel Hospitalier) de l’AP-HP.

L’adéquation de cette formation à la réalité du terrain s’avère si juste que nous sommes indignés de sa non reconnaissance tant elle est essentielle pour maintenir une qualité relationnelle avec les malades.

Fermer le CFCPH et démultiplier cette formation dans les hôpitaux aurait un coût supérieur. De plus cela réduirait le partage des pratiques contrairement à ce dont nous avons pu bénéficier en central.

Imaginer que nos plus hauts responsables infirmiers laisseraient disparaître une structure en pleine capacité et forte de dix-sept années d’expérience avec une formation clinique si adéquate serait un non sens générateur de révolte légitime, car la clinique infirmière au quotidien n’est ni innée, ni pratico-pratique : elle se développe.

Une structure transversale dans l’AP-HP, c’est une opportunité d’échanges et de mutualisation qu’on ne peut laisser abattre.

Quel drame professionnel que d’oser penser supprimer un pilier de la formation continue, vital pour la qualité des soins et la vie au travail des infirmières !

Signons la pétition : afin de manifester auprès de nos hauts responsables infirmiers notre indignation quant à la suppression d’une formation qui élargit notre champ de compétences.

La pétition est en ligne sur ce blog http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1549

Le conseil d’administration
Association IDEES
Le 5 février 08

31 janvier 2008

L’AP-HP saborde la formation continue des soignants !

Allant à l’encontre des besoins de l’institution et des professionnels, la si mal nommée DDRH (Direction du Développement des Ressources Humaines) a décidé de fermer le CFCPH en 2008 et de réduire l’offre de formation continue des soignants.

Créée de toute pièce par l’équipe de Rose-Marie Van Lerberghe (l’ancienne Directrice Générale, nommée pour faire des coupes sombres dans les hôpitaux parisiens) la DDRH (Direction du Développement des Ressources Humaines) s’est attaquée progressivement à la formation des soignants : fermetures de plusieurs IFSI, surchargeant ainsi les effectifs de ceux qui restent (d’où des problèmes de stage, avec parfois plus d’étudiants que d’IDE) années après années, réduction de l’offre de formation continue des soignants sur le coeur de métier.

L’AP-HP compte trois centres de formation continue :
  • le CFTA pour le personnel administratif,
  • le CFTO pour le personnel ouvrier et technique,
  • le CFCPH pour le personnel soignant.

C’est ce dernier que la DDRH veut faire disparaitre en septembre 2008. Ces dernières années, les départs de formateurs n’ont pas été remplacés, ce qui a entraîné mécaniquement une baisse du nombre de formations organisées. Et en parfaite mauvaise foi, on leur reproche une baisse d’activité ! Comme quoi, "quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage" !

Voici une partie des formations du CFCPH supprimées par la DDRH en 2008 :
  • prévention de l’épuisement professionnel (66 stagiaires en 2007)
  • écoute, relation d’aide auprès des personnes atteintes de maladies graves ou chroniques (28 stagiaires en 2007)
  • maladie d’Alzheimer (28 stagiaires en 2007) prévention et soins aux personnes atteintes d’obésité (33 stagiaires en 2007)
  • prévention et soins aux personnes atteintes de diabète (32 stagiaires en 2007)
  • infirmier, aide soignant : apprendre à mieux travailler ensemble (24 stagiaires en 2007)


Certes, la part consacrée par l’AP-HP à la formation continue reste largement supérieure à l’obligation réglementaire, mais de plus en plus de formations institutionnelles ou règlementaires imputent ce budget, aux dépends des besoins des professionnels sur leur coeur de métier.


Chacun peut ainsi constater dans la liste ci-dessus que c’est ce qui tourne autour des pratiques de soins qui est sacrifié, car non rentable. Mais il est vrai que les priorités nationales (cancer, Alzheimer, obésité, diabète) ne sont guères mieux traitées par les bureaucrates de la DDRH !


Pourquoi le démantèlement d’une structure centrale qui a démontré son efficience ? Partout on nous parle de mutualisation des moyens, et d’un seul coup nous avons une "exception culturelle" ? Et comme par hasard, sur les 3 centres, seul celui des soignants est visé !


Le CFCPH : c’est un centre de compétences collectives qui nous permet d’être meilleurs, c’est un lieu de "culture AP-HP" qui nous ouvre les horizons, pour aller au delà des pratiques internes de notre hôpital, et s’enrichir de l’expérience des autres sites, c’est le symbole de l’enrichissement des pratiques infirmières, où IDE peut acquérir les savoirs et les outils débouchant sur des consultations infirmières, une meilleure prise en charge des patients.


Alors que la tendance est de se concentrer sur le fait d’exécuter le strict nécessaire, dans l’urgence, faute de temps, il devient indispensable de redonner du sens à l’exercice infirmier, afin d’avoir un projet global qui motive.


Si l’institution veut maintenir la qualité et la sécurité des soins dans un contexte de démographie médicale de plus en plus tendue, l’AP-HP doit au contraire augmenter les moyens du CFCPH pour déboucher sur une expertise soignante et un renforcement significatif des compétences des professionnels (apprentissage des savoir-faire, capacité à acquérir l’expertise technique tout en préservant la capacité de polyvalence).


La formation continue doit s’organiser dans une logique d’acquisition progressive des compétences et d’expertise, d’adaptation aux situations, avec le développement du raisonnement clinique, de l’éducation à la santé et de l’éducation thérapeutique, de la gestion des risques. Il s’agit de développer un "rapport intelligent à la connaissance", de savoir analyser, formaliser, transmettre. Tout ceci n’est possible que par une mutualisation sur l’AP-HP, certainement pas au niveau des sites ou des pôles, qui n’ont pas la taille critique.

http://www.syndicat-infirmier.com/

25 janvier 2008

Droits des malades et fin de vie (Loi Léonetti) Dr Bernard DEVALOIS - 25 janv.08 - Association IDEES - "Extraits de la conférence"

Nouveautés en matière législative depuis 10 ans (Cliquer sur la vidéo)

Loi de 99 dite sur les soins palliatifs

Loi 2002 dite sur le droit des patients et l’amélioration de la qualité des soins

Loi de 2005 dite sur les droits des patients et la fin de vie

La loi Léonetti pose le droit pour les malades à ne pas subir une obstination déraisonnable et le devoir pour les professionnels de santé de ne pas imposer aux malades une obstination déraisonnable

Elle pose les conditions de limitation ou d’arrêt des soins de maintien en vie dans les situations d’obstination déraisonnable (soins inutiles, disproportionnés).

La loi Léonetti

Obstination thérapeutique déraisonnable : Tableau d'aide à la réflexion (1)

Tableau d'aide à la réflexion (2)

23 janvier 2008

Les patients ne sont pas des marchandises comme les autres



Paris, le jeudi 17 janvier 2008 – Certains se souviennent peut-être qu’en l’an 2000 de notre ère, l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) avait conçu l’ambition de doter tous les patients qu’elle accueillait dans ses établissements d’un bracelet d’identification, comportant nom, prénom, date de naissance, numéro d’identification et un code barre.


Déjà à l’époque, le souci de la sécurité était invoqué pour justifier cette évolution. Cependant, le projet avait été massivement rejeté par les professionnels de santé, qui avaient mis en avant les nombreux enjeux éthiques soulevés par une généralisation de ces bracelets, dont l’opportune utilisation ne paraît évidente que face aux personnes totalement incapables de décliner leur identité (nourrissons, patients atteints de démence, etc.).
Sécurité
Sept ans après cette première fronde qui avait incité l’AP-HP à renoncer à son programme, l’hôpital Saint Louis semble aujourd’hui décidé à généraliser ces bracelets d’identification.


Les réticences restent cependant nombreuses et sont notamment relayées par le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), qui, entre autres, diffuse une pétition contre le recours systématique à ces bracelets. Si l’établissement justifie sa décision par un souci de sécurité et rappelle que le temps passé par chaque soignant auprès d’un même malade devrait dans l’avenir être de plus en plus réduit en raison de la « mutualisation des ressources humaines au niveau des pôles », le SNPI dénonce pour sa part un système qui tend à transformer les patients en « objet de soins ». « Lorsqu’une personne hospitalisée est capable de décliner son identité, lui demander de "s’étiqueter" revient à la nier en tant que personne » peut-on lire sous la plume de l’organisation.

« J’ai déjà un numéro d’identification tatoué »


Les arguments du SNPI sont nombreux et reposent parfois sur des expériences douloureuses, déjà observées dans le cadre de l’expérimentation du dispositif. Le syndicat remarque ainsi que le bracelet d’identité renvoie au « bracelet du prisonnier » et plus généralement à l’idée d’un « marquage ». Ainsi, une patiente aurait demandé à l’infirmière si elle était obligeait de porter un bracelet en raison de sa séropositivité.


La « chosification » des patients est également dénoncée à travers l’image renvoyée par le code barre : « Peut-on imaginer que traiter une personne hospitalisée comme un objet de consommation ne modifie pas la relation soignant /soigné ? » demande l’organisation. C’est toute la relation de confiance entre le professionnel de santé et le patient qui apparaît être remise en cause par ces bracelets d’identité selon l’organisation qui affirme également que l’infirmière elle-même est « instrumentalisée » par cette nouvelle tâche. Enfin, et n’hésitant pas à s’aventurer sur des terrains de comparaison parfois dangereux, le syndicat rapporte cette douloureuse anecdote. Une jeune infirmière qui avait choisi d’appliquer les consignes de la direction aurait un jour été confrontée à un vieil homme hospitalisé qui lui aurait répondu au moment où elle lui demandait de mettre son bracelet :


« Mademoiselle, je n’ai pas besoin de votre bracelet, j’ai déjà un numéro d’identification tatoué ».


A.H.
Copyright © http://www.jim.fr/ Publié le 17/01/2008

16 janvier 2008

Inscription à la journée thématique du 25 janvier 08 "Droits des malades et à la fin de vie"

Cette thématique motive de nombreuses inscriptions et nous craignons de ne pas pouvoir vous acceuillir toutes et tous dans de bonnes conditions. En effet, la capacité de la salle est limitée à 120 personnes.
Aussi, si vous pensiez venir sans vous inscrire au préalable, je vous invite à le faire rapidement par émail : idees@cegetel.net
Bien cordialement
Pascal Rautureau

L’association I.D.E.E.S

(Infirmières Diplômées d’Etat Expertise en Soins)

vous propose une nouvelle matinée thématique LE 25 JANVIER 08




Entrée libre

Droits des malades et à la fin de vie (Loi Léonetti)
Quelle réalité dans nos services ?

Son contenu :
  • Le médecin n’a aucune obligation de poursuivre des soins devenus inutiles ou disproportionnés.
  • Introduction du principe du double effet.
  • Interdiction des injections létales.
  • Respect du refus de soins des patients, fut-ce au risque de leur vie (renforcement de la loi de mars 2002).
  • L’interruption de l’alimentation artificielle et de l’hydratation.
  • Pour les patients inconscients : les médecins peuvent limiter ou arrêter les traitements inutiles.
  • La loi reconnaît la possibilité des directives anticipées.
  • Une personne de confiance peut être désignée par le patient.

Intervenant : Bernard DEVALOIS
Médecin – Ancien président de la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs -SFAP

Vendredi 25 janvier 08 de 9 h 30 à 14 h 00

IFSI - Salpêtrière
G.H Pitié Salpêtrière
47 Bd de l’hôpital 75013 PARIS

Déjeuner possible sur place

Confirmation de votre présence souhaitée par émail :

idees@cegetel.net ou sur notre répondeur : 06.07.15.00.80

Continuer et développer l’éducation sexuelle à l’école



Qui l’eût cru de la part d’un pays à la réputation de moralité rigoureuse ? Même si le contenu approprié prête toujours à discussion, 93% des Américains reçoivent peu ou prou une éducation sexuelle (ES) à l’école.


Cependant, en dépit de ce chiffre et malgré les recommandations de nombreuses organisations spécialisées, chaque année, on dénombre encore aux U.S.A. environ 750 000 grossesses chez les adolescentes et plus de 9 millions de cas de maladies sexuellement transmissibles (MST) chez les 15-24ans.


Une équipe nord-américaine s’est récemment interrogée sur la réelle incidence de l’ES des jeunes sur un certain nombre de comportements de leur vie sexuelle ultérieure. En effet, l’ES est supposée fournir aux adolescents des informations théoriques et techniques afin de leur permettre une meilleure protection et d’optimiser leur décisions face aux problèmes sexuels qu’ils vont obligatoirement rencontrer plus tard.


Cette étude a voulu déterminer en quoi le fait de recevoir une ES formelle pouvait influer sur 3 types de comportements sexuels :



  • avoir déjà eu des rapports sexuels,


  • l’âge au moment du premier rapport


  • l’emploi d’un moyen de contraception lors de ce premier rapport.


Les données ont été extraites du NSFG 2002 (National Survey of Family Growth), un registre national représentatif de surveillance de la famille. L’échantillon a consisté en 2 019 sujets de jeunes hommes et femmes célibataires âgés de 15 à 19 ans.

Les analyses bi-et multivariées ont été soumises à la procédure statistique SUDAAN et les interactions possibles entre les divers sous-groupes explorées. Recevoir une ES déterminait bien une différence statistiquement significative dans les comportements sexuels ultérieurs.


Chez les hommes, l’ES était associée au fait de ne pas avoir eu de relations sexuelles (OR= 0.42 -IC 95%, 0.25-0.69) et aussi bien chez l’homme que chez la femme, la pratique du premier rapport au-delà de 15 ans (OR= 0.29- IC 95%, 0.17-0.48). Mêmes effets concernant la mesure contraceptive lors du premier rapport pour les hommes ayant reçu une ES (OR=2.77- IC 95%, 1.13-6.81).


Par contre, les jeunes femmes qui en bénéficièrent aussi ne montrèrent pas de différence significative pour la protection par rapport à celles qui n’en reçurent pas. Comme on pouvait s’y attendre, ces caractéristiques varièrent selon les groupes sociodémographiques. Voilà des résultats objectifs qui doivent encourager les politiques éducatives de la sexualité pour les adolescents : les risques sexuels à l’adolescence sont bien diminués chez ceux qui reçoivent cette ES.


Par ailleurs, les auteurs ont insisté sur le fait qu’il convenait de cibler en priorité les sous-groupes qui sont traditionnellement à haut risque d’initiation sexuelle précoce et donc de contracter des MST. Comme toujours avec les études étrangères, on peut néanmoins se demander si ces résultats sont transposables à la France (et ses multiples ‘’exceptions’’).


Dr Gérard Mégret


RéférencesJournal of Adolescent Health. Vol 42, 1, 89-96 (January 2008) The Association Between Sex Education and Youth’s Engagement in Sexual Intercourse, Age at First Intercourse, and Birth Control Use at First Sex Trisha E. Mueller, M.P.H., Lorrie E. Gavin, Ph.D., Aniket Kulkarni, M.B.B.S., M.P.H. [
Retrouvez l’abstract en ligne]
Date de publication : 15-01-2008

09 janvier 2008

Services de réanimation : une évaluation de la satisfaction des familles montre que le soutien reste insuffisant


RJ Wall et coll. Family Satisfaction in the ICU : Differences Between Families of Survivors and Nonsurvivors. Chest 2007 ;132 :1425-33.


Dr Olivier Sanchez
Le but de cette étude était d´évaluer la satisfaction des familles des patients hospitalisés en réanimation selon qu´ils sortent vivants ou non du service.

539 membres de famille ayant un parent hospitalisé en réanimation ont rempli un questionnaire de satisfaction de 24 items ; 51% des sujets interrogés avaient un membre proche qui était décédé en réanimation.


Globalement, les familles des patients décédés étaient plus satisfaites que celles des patients sortis vivants. Les principales différences entre ces 2 groupes étaient retrouvées dans les domaines de la participation des familles dans les prises de décision concernant leur parent, la communication, le soutien, le respect et la compassion qui semblaient mieux pris en compte avec les familles des patients décédés.


Ces données suggèrent donc que des efforts doivent être menés pour améliorer le soutien des familles des patients admis en réanimation, indépendamment de la conclusion de l´hospitalisation.



Egora.fr le 6 décembre 07

07 janvier 2008

Santé, éthique et argent : les enjeux éthiques de la contrainte budgétaire sur les dépenses de santé en milieu hospitalier





Le Comité Consultatif National d'Ethique "CCNE" recommande

- de réintégrer la dimension éthique et humaine dans les dépenses de santé, afin de permettre à l’hôpital de remplir de manière équilibrée l’ensemble de ses missions, et pas uniquement les plus techniques ou les plus spectaculaires. Sur le plan médical, il convient d’avancer ici l’idée d’une médecine sobre, par opposition à une médecine de la redondance.
Cette redondance qui veut se donner des allures de précaution n’est bien souvent que le masque d’une paresse intellectuelle et d'une peur à assumer des choix courageux.

- d’adapter les échelles d’évaluation des activités en vue de traiter de manière appropriée les différentes missions de l’hôpital, et, dans ce but, de développer des modèles spécifiques pour chaque grand objectif : soins relevant d'actes techniques, soins relevant d'actions non
instrumentales telles que Prévention, Education pour la Santé, accueil de tous les malades avec préservation de la solidarité et du lien social, enfin recherche et innovation, diagnostic et thérapeutique.





- de se réinterroger sur la mission primaire essentielle de l'hôpital. Celle ci a en effet dérivé de sa mission originelle d'accueil de la précarité et de la maladie, puis de sa mission de recherche et d'enseignement, vers la situation actuelle qui fait de plus en plus de l'hôpital un service public, industriel et commercial qui a pour conséquence de déboucher sur un primat absolu donné à la rentabilité économique, au lieu de continuer à lui conférer une dimension sociale.





- d'ouvrir l'hôpital à une dimension réunissant le "sanitaire" et le "social" (dépendance, adolescence, précarité etc.), en promouvant autour de la personne une meilleure coopération de l’hôpital hors les murs avec des structures extérieures, comme les maisons de soins de longue durée, l’hospitalisation à domicile ou les unités de santé carcérale, au sein du groupement de coopération sanitaire (G.E.S.), sensible aux situation spécifiques de certaines personnes (accouchement, grande précarité).





- de s'assurer du maintien du lien social pour éviter que la personne ne sombre dans l'exclusion une fois le diagnostic fait et le traitement entrepris. Quelle logique est à l'œuvre, si le succès médical est suivi d'une mort sociale ?





- d'accorder la plus grande attention à la pathologie mentale qui devrait être un axe prioritaire compte tenu de son caractère paradigmatique de pathologie entre le médical et le social, le biologique et l'environnement, l'individu et la société.

- d'éviter d’affecter des systèmes de cotation à des usages pour lesquels ils ne sont pas les plus pertinents ; s’agissant de la T2A, ces usages regroupent les actes dispensés notamment en psychiatrie, en gérontologie, et en pédiatrie, où encore l'écoute et l'examen clinique approfondis sont nécessaires au respect des bonnes pratiques.





Devraient aussi être jugées selon des critères différents les autres missions de service public de l’hôpital, que la T2A n’est pas en mesure d’évaluer et donc de coter correctement. Des éléments supplémentaires (ou complémentaires), d’essence qualitative devront être intégrés dans le système d'évaluation pour ne pas succomber à ce qui pourrait être vécu comme une sorte de tyrannie du « tout quantitatif ». La cotation T2A devrait donc être limitée aux actes techniques spécialisés pour le diagnostic et les soins.





- de ne pas négliger le "care" (prendre soin, prêter attention) anglo-saxon au profit exclusif du "cure" (soigner). L'exemple des soins palliatifs en est emblématique. La loi encourage leur présence sans leur donner les moyens réels de fonctionnement. L'hôpital répare mais les malades peuvent aussi avoir besoin d’autres prestations, comme le suivi, qui est un des points forts de la Caisse Nationale de Solidarité.





- de rendre aux arbitrages leur dimension politique, sans les déléguer aux seuls responsables hospitaliers, en approfondissant la concertation entre les responsables décisionnels et l’ensemble des acteurs de santé, par un partenariat permanent effectif entre tous et en impliquant dans cette démarche des instances telle que la Haute Autorité de Santé ou les Groupements Régionaux de Santé Publique (l'hôpital devant être un observatoire de l'état de santé de la région).





- De prendre en compte enfin le tissu social au sein duquel évolue l'hôpital. Un environnement défavorisé devrait justifier un regroupement de moyens spécifiques, adapté à la situation réelle du lieu.

En conclusion, la garantie d'un accès juste aux soins de qualité n'est pas en contradiction avec une rigueur économique. L'adaptation permanente de l'offre de soins aux besoins démographiques, aux modifications épidémiologiques, aux progrès technologiques justifient plus que dans n'importe quelle activité humaine des choix clairs, courageux, explicites aux yeux des citoyens, et en même temps susceptibles d'être sans cesse remis en question en gardant comme objectif central le service rendu aux plus vulnérables.

La question éthique posée par l’examen de la dimension économique du soin explore la tension entre l’autonomie et la solidarité, entre la liberté individuelle et le bien public. Cette tension ne peut recevoir de réponse que dans la recherche d’équité, c’est-à-dire dans la justice.












Le CCNE 28 juin 2007

Cancer du sein : une formation sur la sexualité est nécessaire pour les soignants


Les femmes traitées pour un cancer du sein éprouvent des difficultés dans leur vie intime et dans leur sexualité, selon une étude menée par l’Institut Curie sur ses patientes, avec le soutien de la société de lingerie Simone Pérèle.


26% des femmes ayant répondu aux questions se sentent sexuellement moins attirantes ou insatisfaites de l’image de leur corps.

Sur le plan de la vie sexuelle, 41% des femmes interrogées estiment être affectées par le cancer ou ses traitements et pour plus de la moitié de ces patientes, le désir sexuel a diminué ou disparu.

24% des patientes estiment que leur vie sexuelle n’est pas vraiment satisfaisante, 20% qu’elle n’est pas satisfaisante du tout.Les femmes ayant subi une ablation du sein ont une sexualité plus perturbée que celles ayant subi un traitement préservant le sein.

Celles ayant subi un traitement par chimiothérapie ou par hormonothérapie sont plus affectées que les autres.Pour améliorer la prise en charge de ces patientes, l’Institut Curie va former les infirmières, psycho-oncologues, médecins et chirurgiens aux problématiques de sexologie et de fertilité, a indiqué Sylvie Dolbeault, médecin responsable de cette enquête.


A.L.G (Avec APM) espaceinfirmier .com le 7/01/08

04 janvier 2008

Consultation publique sur le projet de recommandation sur les nouvelles formes de coopération entre professionnels de santé

Objet de la recommandation :
M. le ministre chargé de la Santé a demandé à la Haute Autorité de Santé l’élaboration d’une recommandation visant à clarifier les conditions de la coopération dans le domaine de la santé et à identifier les évolutions qui pourraient la faciliter, afin de préserver, voire d’améliorer, la qualité des soins pour les patients.L’élaboration de cette recommandation s’appuie sur la méthodologie définie par la HAS dans son rapport d’étape. Elle emprunte largement à la démarche prospective.

Objet de la consultation publique:
La consultation et la mise en débat des orientations, proposées dans le projet, constituent la dernière étape de l’élaboration de la recommandation sur les nouvelles formes de coopération entre professionnels de santé.
En invitant tous les professionnels et tous ceux qui se sentent concernés par le développement des nouvelles formes de coopération à s’exprimer sur ce projet de recommandation, la HAS souhaite mettre en œuvre une démarche de réflexion concertée permettant de recueillir avec transparence les avis et attentes de l’ensemble des acteurs.
Ce projet de recommandation est provisoire. Il a vocation à évoluer à la suite de la consultation publique.
L’ensemble du projet de recommandation est soumis à la consultation publique. Le questionnaire est complet, il n’est pas obligatoire de répondre à chacune des questions.
Le projet de recommandation est mis en ligne pour être soumis à une consultation publique, qui sera accessible entre le 17 décembre et le 15 janvier.

Objectifs opérationnels de la consultation :

A travers cette consultation publique, nous espérons connaître :
Vos réactions générales sur le projet de recommandation ;
Les aspects insuffisamment ou pas traités qui vous semblent importants ;
Les éléments qui vous semblent incohérents ou ceux avec lesquels vous êtes en désaccord ;
Votre avis quant à l’intérêt concret du projet de recommandation.
Vos réponses ne seront pas prises en compte si :
Les questionnaires sont anonymes ;
Les questionnaires nous sont transmis après la date limite, c'est-à-dire après le 15 janvier.
Quel est le devenir de vos commentaires :
Tous les commentaires seront transmis à l’équipe chargée de rédiger la recommandation ;
Il n’y aura pas nécessairement de réponses personnalisées de la part de la HAS.

Comment soumettre vos commentaires :
Il vous suffit de cliquer sur le lien suivant Répondre à la consultation publique Un mail de confirmation automatique vous sera transmis à l’adresse mail indiquée dans le questionnaire après l’envoi de vos commentaires.

Les documents mis à votre disposition :

Certains documents sur lesquels la HAS s’est appuyée pour rédiger le projet de recommandation :
Rapports des groupes de travail « enjeux économiques », « enjeux juridiques » et « enjeux sur la formation »
Les pratiques actuelles de coopération : analyse des témoignages des professionnels
Rapport sur l’évaluation qualitative des expérimentations
Le rapport d’étape de la HAS

Répondre à la consultation publique
Les documents en cours de finalisation seront accessibles en ligne très prochainement (l’évaluation quantitative des expérimentations, l’évaluation de l’expérimentation Asalée, l’évaluation de l’expérimentation EFS).
Documents
Projet de recommandation - Délégation, transfert, nouveaux métiers ... - 17/12/2007 (356.31 Ko)
Source : HAS

03 janvier 2008

Une très belle année 2008


Nous vous souhaitons une joyeuse année 2008.
Qu'elle vous apporte joie et reconnaissance dans votre travail.

Le conseil d'administration de l'association IDEES

21 décembre 2007

A l'hôpital Tenon, à Paris, les personnels épuisés tiennent à leurs RTT

Le slogan "travailler plus pour gagner plus" résonne étrangement dans les murs de l'hôpital Tenon, à Paris. Au service de néphrologie et d'hémodialyse, il fait sourire quand il ne passe pas tout simplement pour de la provocation.
Dans ce département de pointe qui vient d'être réorganisé pour offrir, en soirée, une séance supplémentaire de dialyse aux patients en insuffisance rénale, médecins et personnels soignants travaillent généralement sans compter. Les comptes épargne temps (CET) s'accumulent, les heures supplémentaires non payées aussi, mais les 35 heures font moins débat que la question du pouvoir d'achat.

"C'est pas de travailler plus pour gagner plus dont on a besoin, résume Françoise Delestre, infirmière. C'est d'être tout simplement mieux rémunéré pour tout le boulot qu'on abat déjà."
La promesse du gouvernement de "monétiser" les CET à l'hôpital – la ministre de la santé, Roselyne Bachelot devrait entamer des négociations avec les syndicats hospitaliers en janvier 2008 – ne suscite guère d'enthousiasme. Les personnels d'encadrement ou les médecins, qui ont souvent choisi de capitaliser leurs RTT, sont plus que sceptiques quant à la capacité financière de rachat de l'hôpital.
Comme tous les hôpitaux de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Tenon affiche un déficit de l'ordre de 9,9 millions fin 2007. "On ne voit pas dans ces conditions comment les 35 heures pourraient être payées", estime le docteur Jean-Philippe Rougier, néphrologue, qui n'est pas certain de pouvoir transformer ses 80 jours de RTT accumulés en un congé sabbatique rémunéré.
Bien qu'elles représentent un casse-tête pour l'administration des hôpitaux – fin 2005, l'AP-HP comptait plus de 320 000 jours accumulés de RTT toutes catégories confondues –, les 35 heures sont souvent plébiscitées. Les infirmières ont ainsi obtenu des journées de repos pour ponctuer un travail souvent usant.


"Avant les RTT, on travaillait sept jours d'affilée, sans repos, et avec le recul, on se demande comment on faisait, explique Sylvie Labbé, infirmière. Les RTT viennent couper ces grandes semaines par un jour de congé, c'est devenu indispensable." "Franchement, je ne m'imagine pas aujourd'hui travailler à l'hôpital sans RTT, ajoute Malika Medjahed, une jeune diplômée. Et même si on voulait me les racheter, je les garderais."


La plupart des infirmières s'en tiennent à leur temps de travail. Les heures supplémentaires sont rares dans le service, et "plutôt faites dans l'esprit de dépanner, en cas de problème avec le planning", explique Laurent Vardon, infirmier. Certains en font toutefois pour améliorer les fins de mois difficiles, et cela pourrait se multiplier depuis que ces heures ont été défiscalisées par le gouvernement. "Jusqu'à présent, je ne voulais pas faire d'heures supplémentaires pour ne pas donner plus d'argent aux impôts, mais maintenant ça m'intéresse, explique Joëlle Jarrin, aide-soignante. Depuis l'euro, on a du mal à joindre les deux bouts : avec un loyer, une voiture et tous les prélèvements, à la fin du mois, il reste pas grand-chose."
"FAUX-SEMBLANT"
Pour la plupart des personnels soignants, les heures supplémentaires restent cependant un "faux-semblant". "On ne veut pas rentrer dans ce cercle vicieux, explique Malika Medjahed. Plus vous êtes mal payé, plus vous êtes incité à faire des heures sup, et ça ne règle pas le problème des salaires."
Comme beaucoup d'agents de la fonction publique, Malika Medjahedet Sylvie Labbé étaient en grève le 20 novembre pour leur pouvoir d'achat. "Etant donné la responsabilité, les horaires et le fait qu'on travaille les week-ends et les jours fériés alors que c'est épuisant physiquement et qu'on côtoie la maladie et la mort avec le sourire, on pourrait quand même être mieux payés !", estime Sylvie Labbé, 1800 euros par mois avec quatorze ans d'ancienneté.
De fait, la faiblesse des rémunérations commence à poser problème à l'hôpital public. Dans une spécialité aussi technique que la néphrologie, les salaires des infirmières du secteur privé sont presque deux fois plus importants pour un travail souvent moins pénible avec moins de gardes.
"La fuite vers le privé est réelle, on voudrait tuer l'hôpital public qu'on ne s'y prendrait pas autrement, analyse Manuel Lapie, cadre infirmier. Si on veut travailler plus pour gagner plus, ce n'est pas dans le public qu'il faut rester. Les gens ont besoin de plus d'argent pour vivre, mais l'hôpital n'en a plus."


Cécile Prieur - Le Monde du 18 décembre 07

19 décembre 2007

Inscription au fichier ADELI des infirmières

Attention, vous avez jusqu'au 31 décembre 07 pour vous inscrire au fichier ADELI de la DDASS votre département d'exercice infirmier.

Allez vérifier votre inscription :

Soit sur le site internet suivant :
https://www.listeselectorales-infirmiers.fr/

Soit auprès de votre DDASS.

Liste des DDASS
http://www.sante.gouv.fr/htm/minister/dd-dr/listedddr.htm#ddass

C'est une obligation pour pouvoir voter lors des prochaines élections de l'ordre infirmier.

Les dates sont les suivantes :

• Conseils départementaux : 24 avril 2008 (par voie électronique uniquement)

• Conseils régionaux : 24 juillet 2008

• Conseil national : 25 novembre 2008

Elles correspondent à celles annoncées par la Ministre Roselyne BACHELOT dans un entretien accordé à un mensuel infirmier et reprise par l’APM (Agence de Presse Médicale).

Notez-les dans votre carnet de rendez-vous…

Pascal Rautureau

Alzheimer : quand le conjoint « ne sait plus quoi faire »


Libération se penche sur la situation d’un capitaine à la retraite de 80 ans, dont la femme est atteinte d’Alzheimer. Le journal précise que cette dernière « est cardiaque, et porte depuis longtemps un pacemaker. […] Et, tous les dix ans, il faut changer la pile de l’appareil, autrement à tout moment celui-ci peut s’arrêter ».

Le quotidien observe : « C’est une femme fière. Souvent, elle a répété à son mari que si elle perdait la tête elle ne voulait plus vivre. Et voilà que la tête, elle la perd ». Libération note que le mari « est épuisé, mais jusqu’à présent tous les deux ont réussi à donner le change. […]


Aujourd’hui, le capitaine à la retraite ne sait plus quoi faire. Il est inquiet. Il le dit, bientôt il ne pourra plus assurer et faire semblant que la vie reste possible ». Le journal indique que « la dernière fois que le capitaine est allé voir la gériatre, une idée lui est passée par la tête. Et s’il ne changeait pas la pile du pacemaker ? Cela fait dix ans maintenant ». Le quotidien cite l’homme, qui déclare notamment : « Peut-être de ne pas lui remettre une pile, ce serait une façon de respecter la volonté de ma femme, celle de ne pas vivre de façon indigne ». Libération constate que « la gériatre est perplexe. Que faire ?


Aujourd’hui, la vieille dame ne manifeste aucune volonté d’en finir. Que faut-il respecter ? La volonté d’hier ou celle d’aujourd’hui ? », s’interroge le journal.

Mediscoop du 13 12 2007

13 décembre 2007

« Hépatite B : deux laboratoires convoqués par la justice »

Le Parisien annonce en effet que « 13 ans après la campagne de vaccination massive contre l'hépatite B, la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy vient de convoquer les deux groupes pharmaceutiques qui ont fabriqué le vaccin en vue d'une probable mise en examen, pour «tromperie aggravée» ». Le journal précise que « les laboratoires GlaxoSmithKline et Aventis Pasteur MSD, déjà placés sous le statut de témoins assistés, ont reçu un courrier pour un rendez-vous en début de semaine prochaine au pôle santé du parquet de Paris ».
Le quotidien ajoute que « la qualification d'homicide involontaire pourrait être retenue contre Aventis Pasteur MSD ». Le Parisien explique que « la justice reproche aux deux fabricants pharmaceutiques de ne pas avoir déclaré l'ensemble des effets indésirables ou secondaires lors de la commercialisation de ce produit en 1994 ».
« Depuis, plus de 1 300 personnes vaccinées ont souffert d'affections neurologiques dont un petit millier de sclérose en plaques », poursuit le journal. Le Parisien relève que « les interrogations se concentrent sur la pertinence d'une campagne massive. […] Le virus de l'hépatite B était présenté comme aussi dangereux que le sida et transmissible par la salive, un non-sens. Les dépliants des groupes pharmaceutiques inondaient les cabinets médicaux pour vaincre ce fléau ».
Le quotidien note que « le lien entre l'administration du produit et l'apparition de ces maladies dégénératives a suscité de vives polémiques chez les experts scientifiques, auprès des tribunaux administratifs et de la justice pénale ». « L'Etat a reconnu sa responsabilité à la suite d'un arrêt du Conseil d'Etat : 150 personnes ont bénéficié d'indemnisations de 2 000 à 15 000 € par an au titre du préjudice subi », rappelle Le Parisien.
Mediscoop le 12 decembre 07

05 décembre 2007

35 heures à l’hôpital : la situation devient explosive

Paris, le mardi 4 décembre 2007 – Les propositions du président de la République concernant le paiement des jours de RTT (réduction du temps de travail) ont été rapidement suivies par la promesse du premier ministre, François Fillon, d’engager très prochainement « avec les organisations syndicales représentatives de la fonction publique hospitalière » des négociations au sujet des 35 heures à l’hôpital. Longtemps, il aura été rappelé que la loi réduisant le temps de travail hebdomadaire aura eu des effets particulièrement délétères dans les établissements de soins où le personnel en nombre déjà limité semblait ne jamais pouvoir bénéficier des avantages sociaux de ces nouvelles dispositions. De fait, en juillet 2007, la conseillère générale des établissements de santé Dominique Acker rendait un rapport attendu et alarmant qui soulignait notamment qu’au 31 décembre 2005, 2,2 millions de journées de RTT avaient été accumulées dans les comptes épargnes temps (CET).

Un CET guère plébiscité…

Institués en 2002, ces fameux CET ont été considérés comme des « outils incontournables pour assurer le bon fonctionnement des établissements, le maintien de la qualité et de l’efficience des soins » par Dominique Acker. Les personnels non médicaux des hôpitaux ont cependant été nombreux à se méfier de cet « outil incontournable », qui ne permet en effet pas une gestion particulièrement souple des jours de congés. De fait, dans un communiqué publié ce 29 novembre, le Syndicat national des professions infirmiers (SNPI) rappelle : « Sur les 70 000 agents de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), seulement 8 200 environ possèdent un CET (soit 2,4 %) représentant 215 000 jours de travail. Ce qui prouve bien que ce n’est pas le choix majoritaire des agents », commente l’organisation. Le principal défaut qui explique le désintérêt des personnels hospitaliers pour ce système réside dans l’impossibilité d’utiliser un jour « stocké » sur un CET avant d’en avoir cumulé au moins vingt. Aussi, pour pallier les inconvénients du dispositif, se sont développés des CET « bis » : les personnels hospitaliers qui ne peuvent pas prendre leurs jours de congés en raison de la pénurie d’effectifs, les conservent, mais sans les hypothéquer dans un CET certes incontournable, mais incommode.

… qui doit rester un droit et non une obligation !

Cette situation n’est pas pour plaire à l’AP-HP, qui vient de publier une note qui a suscité une vive colère du SNPI. Les responsables des établissements franciliens ont en effet indiqué fin novembre : « A partir de fin octobre, les congés restant dus de l’année doivent être planifiés ou portés dans un CET. Je rappelle à cet égard que le CET est le « seul outil » de comptabilisation de placement de jours non pris doté d’une valeur juridique et réglementaire opposable ». Alors que le CET ne peut être ouvert qu’à la demande d’un agent et ne peut donc être imposé par l’administration, le rappel à l’ordre a été ressenti comme la volonté de la direction d’exercer « une pression psychologique sur les agents en leur laissant croire que s’ils n’ouvrent pas un CET, ils perdent leurs jours dus ! Ce genre de chantage au CET est inadmissible et indigne de notre institution » s’exclame le SNPI. Ce dernier a également à cœur de défendre les cadres infirmiers. La note de la direction de l’AP-HP « laisse croire que les cadres n’ont pas accordé de jours de repos à leurs agents, alors qu’ils avaient la possibilité de les poser » observe le SNPI qui rétorque : « La réalité, c’est qu’il y a 1 200 postes vacants rien que chez les IDE et que les plannings sont à « flux tendus ». Si les agents ont accumulé des jours (hors CET), c’est que les services sont en sous effectifs, et non parce que les cadres ne savent pas gérer des plannings ou que les agents veulent garder des RTT pour leurs vieux jours ! ».

Pénurie

Le conflit de cette fin d’année autour des jours de congés témoigne de la nécessité de la négociation promise par François Fillon. Il souligne également le fait que ces discussions ne devront pas se limiter au paiement des jours de RTT non pris : elles ne pourront faire l’économie d’une réflexion profonde sur la situation de sous-effectif des hôpitaux.

A.H. Publié le 04/12/2007 sur Egora.fr

04 décembre 2007

Prise en charge de la douleur - JO du Sénat




Question écrite n° 00742 de M. Jean-Claude Gaudin (Bouches-du-Rhône - UMP)
publiée dans le JO Sénat du 12/07/2007 - page 1249


M. Jean-Claude Gaudin attire l'attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse et des sports sur la prise en charge de la douleur en milieu hospitalier. En effet, de nombreux praticiens s’inquiètent de ce que la législation actuelle rende particulièrement lourde la dispensation d’antalgiques, et notamment des traitements morphiniques, en milieu hospitalier.

Il souhaiterait savoir, par conséquent, si, dans le cadre plus général du traitement de la douleur, et particulièrement du développement des unités de soins palliatifs, sur lequel s’est fortement engagé le Président de la République, il ne serait pas envisageable d’aménager la réglementation concernant la dispensation des antalgiques en milieu hospitalier.




Réponse du Ministère de la santé, de la jeunesse et des sports
publiée dans le JO Sénat du 15/11/2007 - page 2094


La lutte contre la douleur est depuis 1998 une priorité de santé publique. La mise en place de trois programmes nationaux successifs de lutte contre la douleur témoigne de la volonté des pouvoirs publics de mieux maîtriser la prise en charge de la douleur à tous les âges de la vie. À ce titre, les actions menées permettent de faciliter l'accès aux antalgiques majeurs dans des conditions de qualité et de sécurité garantissant leur bon usage.

Les données disponibles montrent que l'utilisation des antalgiques progresse et que la France a rattrapé son retard dans ce domaine. Les antalgiques sont les médicaments les plus prescrits, progressant de 7 à 10 % pour certains d'entre eux, contre 1,8 % pour l'ensemble des produits prescrits. Une étude sera conduite cette année par la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques afin de confirmer cette augmentation et notamment celle des antalgiques classés par l'Organisation mondiale de la santé en palier III.


Le décret n° 2007-157 du 5 février 2007 relatif aux substances vénéneuses a introduit des dispositions permettant d'alléger les procédures relatives à la gestion des stupéfiants tout en préservant les obligations de traçabilité et de sécurité prévues dans les conventions internationales de l'ONU. L'application de ces dispositions pour les établissements de santé est prévue dans le cadre de l'actualisation programmée par la direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins de l'arrêté du 31 mars 1999 relatif à la prescription, à la dispensation et à l'administration des médicaments soumis à la réglementation des substances vénéneuses dans les établissements de santé. Cette progression en faveur de la prescription d'antalgiques considérée comme un indicateur d'une meilleure prise en compte de la douleur doit être poursuivie.


Pour autant, elle n'est pas suffisante pour refléter la qualité de la prescription. Aussi, le développement de la prescription d'antalgiques doit être accompagné d'une sensibilisation des professionnels de santé pour améliorer le bon usage de ces médicaments et prévenir le risque de iatrogénie médicamenteuse lié à un mésusage. Cet accompagnement passe par l'amélioration de la formation des professionnels de santé qui constitue une mesure prioritaire du plan de lutte contre la douleur 2006-2010 notamment au travers de la formation médicale continue et de l'évaluation des pratiques professionnelles.


30 novembre 2007

« Un témoignage choc sur Vincent Humbert » Le Parisien


C’est ce que livre Le Parisien. Le journal remarque qu’« alors que TF 1 va diffuser un téléfilm sur l'histoire de Marie Humbert, Hervé Messager, kiné de Vincent Humbert à Berck, prend la parole pour «rétablir certaines vérités» 4 ans après ». Le quotidien relève ainsi que « députés, sénateurs, journalistes et même le président de la République vont recevoir ces jours-ci une pochette contenant un DVD assorti d'une lettre-témoignage.
C'est la confession d'Hervé Messager, masseur-kinésithérapeute au centre héliomarin de Berck-sur-Mer, chargé de rééduquer Vincent Humbert ». Le Parisien note que « jamais entendu, ni par la police ni au cours de l'instruction visant Marie Humbert, Hervé Messager a décidé de sortir de son silence ».
Le journal poursuit : « A le croire, l'état de Vincent Humbert a été déformé, exagéré et des pans de la réalité de la vie du jeune homme et de Marie Humbert occultés ». Le Parisien cite le kiné, qui déclare entre autres que « Vincent Humbert ne voulait pas mourir ». « Son témoignage, bien sûr, sert une cause : celle des anti-euthanasie, au premier rang desquels SOS Fin de vie, une association d'inspiration catholique qui a financé le mini-clip que les parlementaires vont découvrir dans les jours qui viennent », précise le quotidien. Le Parisien ajoute que « la mère du jeune homme réagit aux accusations », celle-ci déclarant notamment que « Vincent savait ce qu’il faisait ».
Mediscoop le 29 novembre 07

« Des gestes simples restent le meilleur moyen pour se protéger des virus respiratoires » Le Monde


Le Monde fait savoir que « dans un article recensant les études sur le sujet, publié sur le site Web du British Medical Journal, une équipe internationale montre que les dispositions simples et peu onéreuses », telles que le lavage régulier des mains, le port d'un masque et d'une blouse, « semblent un meilleur moyen que les médicaments pour prévenir la diffusion des virus respiratoires ».


Le quotidien note que les auteurs, Tom Jefferson, du Cochrane Vaccines Field (basé à Alessandria, en Italie), et ses collègues, « ont passé en revue les articles concernant 51 études portant sur la transmission des maladies infectieuses respiratoires au cours de 4 décennies ». « Il ressort de cette analyse que dans l'exemple du SRAS, le lavage de mains (plus de 10 fois par jour), le port de gants, de masques ou d'une blouse étaient des moyens de protection de puissance croissante. La combinaison de ces mesures offrant une très forte protection en diminuant de plus de 10 fois le risque de transmission aérienne du virus », indique Le Monde.


Le journal observe par ailleurs que « le nombre de personnes devant appliquer ces moyens pour éviter un cas de dissémination est limité : entre 4 et 6 personnes pour chacune des mesures et 3 pour la combinaison des moyens physiques de protection ».


Le Monde relève enfin que dans un éditorial, « le Dr Martin Dawes de l'université McGill, à Montréal (Canada), souligne le peu de recherches cliniques sur la réduction de la transmission de la grippe par des mesures physiques de type "barrière" : 3 essais seulement sur les 336 figurant dans le registre des essais cliniques internationaux de l'OMS ».


Mediscoop le 29 novembre 07

27 novembre 2007

Certification interne : Un nouveau dispositif de reconnaissance des compétences.

Après la Validation des acquis de l’expérience, l’AP-HP a expérimenté un dispositif de certification interne en direction de ses agents, en vue de reconnaître des compétences développées en situation de travail. Ainsi pour la première fois, vingt et un techniciens d’information médicale de l’AP-HP ont participé à cette démarche novatrice et ont été certifiés sur la base d’un référentiel des compétences nécessaires pour l’exercice du métier. Une activité d’autant plus importante que les recettes de l’AP-HP dans le cadre de la tarification à l’activité dépendent de la qualité de leur travail.

Quatre aides-soignantes et une infirmière en gériatrie (Bretonneau et Sainte-Périne) ont obtenu la certification « Relation de soin en situation de communication altérée ». Cette certification valide des compétences développées auprès de patients qui ne sont plus en situation de communiquer par les canaux habituels .

Tous ces personnels ont reçu leur certification le 16 novembre dernier au Siège de l’AP-HP, en présence du Directeur général Benoît Leclercq, du Secrétaire général, Jean-Marc Boulanger et de Hubert Peurichard, directeur du développement des ressources humaines (DDRH) coordonnant la démarche.Grâce à ce dispositif qui sera reconduit et étendu à d’autres métiers en 2008, l’AP-HP souhaite reconnaître des compétences particulières, garantir l’exercice du métier dans les meilleures conditions, et faciliter l’insertion des personnels dans un parcours de mobilité professionnelle.Ce projet innovant de certification interne s’inscrit dans la politique qualité de l’établissement et pourra être pris en compte dans l’évaluation de la qualité des soins, enjeu majeur pour les établissements.
AP-HP Info : édition du 23 novembre 2007

« Contre la douleur, le piment c’est épatant » Courrier International numéro 890



Courrier International publie un article de The Independent, qui explique qu’« une substance contenue dans les piments a été utilisée pour créer un médicament antidouleur qui ne présente pas les effets secondaires habituels des analgésiques, comme la perte de conscience et la paralysie ».
Le quotidien britannique indique que « la nouvelle molécule cible uniquement les nerfs impliqués dans l’envoi de signaux douloureux au cerveau, apportant ainsi un soulagement bien plus efficace et plus sûr que les anesthésiques existants ».
The Independent note que « le nouvel antalgique serait bénéfique aux personnes présentant un état dit de douleur pathologique ou souffrant de démangeaisons chroniques ». Le journal cite Clifford Woolf, du Massachusetts General Hospital à Boston, (Etats-Unis), qui déclare notamment qu’« à terme, [cette nouvelle stratégie] révolutionnera l’analgésie chirurgicale et postchirurgicale, en permettant aux patients de demeurer vigilants sans connaître ni douleur ni paralysie ».
Mediscoop le 26 novembre 07

21 novembre 2007

« Effets indésirables des médicaments : mal suivis à l'hôpital aussi » Prescrire numéro 289


Prescrire livre les résultats d’une étude du Centre régional de pharmacovigilance de Grenoble sur « les effets indésirables des médicaments à l’hôpital ». La revue relève que « cette étude met en évidence une forte déperdition d’informations sur les effets indésirables dans les services hospitaliers ».


Prescrire note ainsi que "lorsque des effets indésirables étaient repérés aux urgences hospitalières, 80 % étaient signalés dans le compte-rendu d’hospitalisation, mais seulement 43 % figuraient dans le compte-rendu quand le patient n’était pas admis à l’hôpital ".

La revue ajoute que « lors du passage du patient du service des urgences aux autres services, 30 % des effets indésirables étaient omis.


Et à la sortie de l’hôpital, seulement 34 % des effets indésirables étaient signalés de façon explicite dans le compte-rendu de sortie ». Prescrire observe que « la réapparition d'un effet indésirable médicamenteux peut être éventuellement prévenue s'il a été identifié et traité.


Mais encore faut-il avoir gardé la trace de cet effet indésirable et avoir partagé cette information ». Le mensuel de conclure : « À l'hôpital comme en dehors, des progrès sont possibles et souhaitables ».

Mediscoop le mardi 20 novembre 2007

20 novembre 2007

Grève dans les hôpitaux : la CMH soutient les infirmiers

A la veille de la grève des fonctionnaires hospitaliers, la Coordination médicale hospitalière (CMH), l´un des quatre grands syndicats de praticiens hospitaliers, leur manifeste son soutien en demandant « la promotion salariale » des personnels hospitaliers, en particulier des infirmiers.
« Pour faire face au défi démographique, pour poursuivre les réorganisations des hôpitaux, pour améliorer leur équilibre financier et voir perdurer l´exemplarité de l´hôpital public, la poursuite de sa réforme est indispensable. Mais elle ne peut être comprise et mise en œuvre que si la reconnaissance du travail effectué ne constitue pas seulement un slogan de campagne mais une urgence de justice sociale », observe le Dr François Aubart, président de la CMH.
Outre les revendications salariales, le syndicat hospitalier réclame « le respect de l´engagement du paiement des heures supplémentaires » contenues dans les comptes épargne temps. Ces heures supplémentaires, souligne-t-il, sont « indispensables au fonctionnement et à la continuité des soins » mais « ne peuvent être réduites dans les faits à un bénévolat ou constituer un manque à l´hôpital lorsque les CET viendront à échéance ».
Alors que le rapport de la conseillère générale des hôpitaux, Dominique Acker, sur la gestion du compte épargne temps à l´hôpital établissait, en juillet, à 534 millions d´euros le montant total de l´indemnisation des CET en stock (au 31 décembre 2005), la CMH dénonce « la posture contemplative des décideurs qui après le rapport Acker n´ont ouvert ni concertation, ni perspective ».
La ministre de la Santé avait affirmé pendant l´été que le financement des CET était assuré grâce à une provision de 746,5 millions d´euros, permettant de payer ce qui a été accumulé jusqu´au 31 décembre 2005. Fin 2005, pas moins de 2,2 millions de journées – dont 1 million pour les médecins- étaient bloquées dans les CET, soit l´équivalent de 5 000 praticiens à temps plein et de 5823 postes non médicaux. Le rapport Acker met en avant « les grandes difficultés dans les établissements » qui se poseront à partir de 2012, avec l´addition des départs en retraite des plus de 55 ans et des congés accumulés par les autres praticiens. Ceci pourrait représenter sur un an l´équivalent de 12 000 postes de praticiens hospitaliers, c´est-à-dire un tiers des effectifs. La conseillère générale des hôpitaux recommandait en juillet de mettre en place un « plan de provisionnement » des jours reportés dans le CET, qui serait inscrit dans l´état prévisionnel des ressources et des dépenses de chaque établissement et permettrait de financer les remplacements.
Egora.fr le 19 novembre 07

Les recommandations du Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer (FMRC) pour la prévention du cancer

Les recommandations sont issues du deuxième rapport Food, Nutrition, Physical Activity, and the Prevention of Cancer: a Global Perspective* publié en 2007 par le réseau du World Cancer Research Fund (WCRF), dont le FMRC fait partie. Un panel international de vingt-et-un experts scientifiques a évalué les résultats d’environ 7 000 études mondiales effectuées ces cinquante dernières années. Le rapport présente leurs conclusions sur les mesures à prendre pour réduire le risque de cancer.

Ces recommandations sont cohérentes avec les objectifs nutritionnels émis par les pouvoirs publics, et mis en place via le Plan National Nutrition et Santé (PNNS). Ce plan d’actions établit les repères nutritionnels prioritaires en termes de santé publique.

Les recommandations :


1. Soyez aussi mince que possible tout en évitant l’insuffisance pondérale.

2. Pratiquez une activité physique au moins trente minutes par jour.

3. Évitez les boissons sucrées. Limitez la consommation d’aliments à forte densité calorique (en particulier les produits à teneur élevée en sucres ajoutés, ou faibles en fibre, ou riches en matières grasses).

4. Augmentez et variez la consommation de légumes, fruits, céréales complètes et légumes secs.

5. Limitez la consommation de viande rouge (comme le boeuf, le porc ou l’agneau) et évitez la charcuterie.

6. En cas de consommation d’alcool, se limiter à une boisson par jour pour les femmes et à deux pour les hommes.

7. Limitez la consommation d’aliments salés et de produits contenant du sel ajouté (sodium).

8. Ne prenez pas de compléments alimentaires pour vous protéger du cancer.

Les deux recommandations qui suivent sont spécifiques et ne s’appliquent pas à tout le monde. Si elles vous concernent, leur adoption peut contribuer à réduire votre risque de cancer.

9. De préférence, les mères devraient exclusivement allaiter pendant les six premiers mois puis introduire d’autres liquides et aliments.

10. Après le traitement, les personnes diagnostiquées d’un cancer devraient suivre l’ensemble des recommandations pour la prévention du cancer


* Alimentation, Nutrition, Activité Physique et Prévention du Cancer : une Perspective Mondiale

Pour en savoir plus : http://www.fmrc.fr

« Les docteurs harcelés par les labos » Libération, Le Figaro, Le Monde


Eric Favereau revient dans Libération sur ce rapport de l’Igas qui « prône un «désarmement commercial» de l’industrie pharmaceutique ». Le journaliste observe que « les pouvoirs publics ne se sont pas précipités pour [le] rendre public. […] Achevé début septembre, ledit rapport est resté tapi des semaines dans un placard. Avant que quelques mains aimables ne le mettent sur Internet ». Eric Favereau relève que « le point de départ » des « dérives actuelles » est « connu. Et les labos n’y sont pour rien. Il y a en France une absence dramatique de dispositif cohérent de formation médicale continue. [...] Les médecins de ville n’ont souvent pas d’autres informations que celles fournies par l’industrie ». Le journaliste cite ce rapport de l’Igas, qui indique qu’« un tiers des médecins reçoit plus de sept visiteurs médicaux par semaine, et seulement entre 3 et 5 % des médecins n'en reçoivent aucun. […] L’industrie consacre près de 3 milliards d’euros par an aux dépenses promotionnelles ».



Eric Favereau observe que « devant ce bulldozer commercial, les médecins de ville se montrent ambigus. Ils répètent haut et fort que ce n’est pas cela qui influence leur choix. Or, note l’Igas, «ces visites influent plus fortement sur leurs comportements qu’ils ne le pensent et ne l’admettent» ». Le journaliste retient que « l’Igas s’attarde sur le rôle des leaders d’opinion, comme les membres des sociétés savantes ou les professeurs de médecine, qui «jouent un rôle majeur en crédibilisant les messages des laboratoires. Si la question de leur indépendance est souvent posée, les mesures publiques restent à ce jour assez limitées» ». Eric Favereau ajoute que « l’Igas pointe également le rôle ambigu de la presse médicale. Un média largement utilisé par les généralistes ». Ce rapport observe en effet que « la plus grande partie est financée par la publicité. […] En dépit d’un certain nombre de règles que la profession s’est donné, on ne peut exclure que la grande dépendance de la presse médicale envers l’industrie influence la présentation des débats. D’autant plus que la faiblesse des ressources en expertise au sein de ces revues limite leur capacité critique ». Jean-Michel Bader note également dans Le Figaro que « les visiteurs médicaux [sont] épinglés par l'Igas ».



Le journaliste relève que « pour l'Igas, l'information qui permet au médecin de choisir sa prescription tire sa légitimité de son caractère scientifique. Mais «de nombreux biais» peuvent l'affecter : citons les études cliniques négatives non publiées ou peu diffusées, l'origine du financement de l'étude qui influence les résultats ou l'interprétation des résultats qui en est donnée (avec la complicité de médecins leaders d'opinion) […] ». « Surtout les médecins sont loin d'être satisfaits par l'information médicale délivrée par les visiteurs médicaux : entre 35 et 42 % des médecins disent ressentir un manque d'information pour ce qui concerne les études comparatives, les niveaux de service médical rendu et d'amélioration du SMR, ou les effets secondaires et les interactions médicamenteuses », poursuit Jean-Michel Bader.



De son côté, Le Monde remarque que « les Français sont les plus gros consommateurs de médicaments d'Europe. Les médecins privilégient les produits récents, et donc plus chers ». Le journal parle de « France des records » et indique que « les habitudes de prescription sont appelées à changer, mais sans menacer la qualité de la santé publique ».



Mediscoop le 6 novembre 07

13 novembre 2007

Victoires de la médecine : deux initiatives infirmières distinguées


Vous avez été plus d’un millier à voter pour élire les deux initiatives infirmières qui seront récompensées par les Victoires de la médecine le 13 décembre.

Dans la catégorie « Qualité des soins », c’est le service de chirurgie générale de la Croix-Rousse, à Lyon, qui s’est distingué grâce à leur approche originale de la souffrance des patients, et le recours à des techniques non-médicamenteuses (hypnose, relaxation, sophrologie). Dans la même catégorie concouraient les ateliers thérapeutiques du CHU de Toulouse, et l’Espace bien-être du CHU de Limoges.

Dans la catégorie « Information, formation, éducation », c’est le service des maladies infectieuses de La Pitié-Salpêtrière qui remporte la Victoire, grâce à une consultation infirmière destinée aux patients vivant avec le VIH-sida ou la coinfection par les virus de l’hépatite B et C. Objectif : prévenir l’inobservance.
Étaient également en lice : une consultation du service de chirurgie pédiatrique urologique et viscérale de l’hôpital Debrousse, à Lyon, pour soulager la peur des enfants en chirurgie urologique, et une initiative menée par l’Ucsa du Muret, à Toulouse, pour sensibiliser les détenus aux questions d’hygiène.

C’est la deuxième année que les Victoires de la médecine récompensent les initiatives infirmières.

espace infirmier .com 09/11/2007 -

12 novembre 2007

Hopital : Le Comité national d'éthique souligne les limites de la T2A


La "garantie d'un accès juste aux soins de qualité n'est pas en contradiction avec une rigueur économique", mais il ne faut pas succomber "à la tyrannie du tout quantitatif" pour évaluer l'hôpital, estime le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) dans un avis rendu public hier (http://www.ccne-ethique.fr/francais/pdf/avis101.pdf ). Dans ce contexte, le recours à la T2A dans les hôpitaux n'est pas systématiquement approprié et devrait être réservé "aux actes techniques spécialisés pour le diagnostic et les soins". Selon le CCNE, l'hôpital a "dérivé de sa mission originelle d'accueil de la précarité et de la maladie, puis de sa mission de recherche et d'enseignement", jusqu'à devenir, de plus en plus, un "service public, industriel et commercial" où la rentabilité économique prime sur la dimension sociale.

La Croix - 9 novembre 2007 ; Egora.fr Avis N°101 du CCNE - 8 novembre 2007

08 novembre 2007

« Quand la peur éloigne des soins »

Libération indique en effet sur une page que « Médecins du monde dénonce le climat qui écarte les sans-papiers de ses centres ».

Le journal rend ainsi compte du rapport annuel de l’organisation sur « l’accès aux soins ».
« Une photographie très complète de la situation sanitaire des plus démunis », observe le quotidien.
Libération note que « chaque année, les chiffres de fréquentation [des centres de MDM] augmentaient. Jusqu’en 2006, où pour la première fois ils baissent fortement. […] Près de 16 % de consultations en moins dans tous les dispensaires ». « Et ce n’est en rien une bonne nouvelle », remarque le journal.
Le quotidien cite ainsi ce rapport, selon lequel « la peur existe. Elle empêche de se déplacer, de s’adresser à des structures institutionnelles. La peur empêche l’accès aux soins ».
« Tant les reculs législatifs que l’atmosphère de dénis de droit, de suspicion et bien sûr les chasses à l’étranger expliquent la baisse du nombre de patients reçus en consultation médicale », poursuit Médecins du monde.
Libération précise que cette « inquiétude […] n’est évidemment pas seule en cause. Mais elle s’ajoute à la «méconnaissance des dispositifs», «aux obstacles administratifs», ainsi qu’aux refus de soins ».
Le journal note qu’« au final, «86 % des personnes qui se présentent à MDM n’ont pas de couverture maladie» ».
Le quotidien ajoute que « face à ce paysage sanitaire de plus en plus fragilisé, Médecins du monde demande la création de permanences d’accès aux soins à l’hôpital. Et rappelle l’urgence d’aller «vers une seule couverture maladie universelle pour toutes les personnes en dessous du seuil de pauvreté» ».
Libération estime toutefois que « le climat n’y est guère favorable ».

Mediscoop le 15 octobre 2007

"Handicaps, incapacités, dépendances" Xème Colloque d’éthique de Bicêtre

ESPACE ÉTHIQUE/APHP UNIVERSITÉ PARIS-SUD/11

vendredi 30 novembre 2007, 9h-17h
Faculté de médecine Paris-Sud 11,
CHU de Bicêtre, AP-HP
63, rue Gabriel Péri
94276 Le Kremlin-Bicêtre


AVANT-PROGRAMME

Matinée

Bernard Charpentier, Doyen de la Faculté de médecine Paris-Sud 11
Emmanuel Hirsch, Directeur du Département de recherche en éthique Paris-Sud 11
et de l’Espace éthique/AP-HP

Le souci des autres
Sandra Laugier, Professeur de philosophie, Université de Picardie Jules-Verne

Autonomie et interdépendance
Yannis Constantinidès, Professeur agrégé et docteur en philosophie, enseignant dans le master
« Éthique, science, santé, société », Département de recherche en éthique, université Paris-Sud 11

Approche psychologique
Régine Scelles, Professeur de Psychologie, Université de Rouen, Psychologue clinicienne,
professeur de psychopathologie, universté de Rouen

La prééminence de la personne au-delà du handicap
Roger Mislawski, Chirurgien, docteur en droit, attaché d’enseignement à la Faculté de droit,
université de Cergy-Pontoise, enseignant dans le master « Éthique, science, santé, société »,
Département de recherche en éthique, université Paris-Sud 11

Après-midi

L’exigence de soigner en psychiatrie
Sophie Rouillard, Cadre de santé, service de psychiatrie, Centre hospitalier Loire-Vendée-Océan,
Challans (85), Département de recherche en éthique, université Paris-Sud 11

La construction de soins dans la schizophrénie
Aymeric Reyre, Psychiatre, praticien hospitalier, CHU Avicenne, AP-HP,
Département de recherche en éthique, université Paris-Sud 11,
Réseau de recherche en éthique médicale, INSERM

Alzheimer : le cumul des vulnérabilités
Catherine Ollivet, Présidente de l’Association France Alzheimer 93, coordonnatrice
du groupe de réflexion et de recherche Éthique et vieillesse, Espace éthique/AP-HP

L'enfant et l'adolescent polyhandicapé : les moments de crises durant le parcours
de soins hospitaliers

Marc Tardieu, Chef de service pédiatrie neurologie CHU Bicêtre, AP-HP

Retard mental, maladie grave et médecine de l’adolescence :
la transplantation d’organes en question

Sébastien Rouget, Patrick Alvin,Service de médecine pour adolescents,
Pôle adolescent-mère-enfant, CHU Bicêtre, AP-HP

La sclérose latérale amyotophique : Témoignages
Yvon Sinou, Hélène Danowski, Association pour la recherche sur la sclérose latérale amyotrophique

Fins de vie
Patrick Thominet, Cadre supérieur infirmer, Unité de soins palliatifs,
Hôpital Paul Brousse, AP-HP

Conclusion
Alain Bentounsi, Directeur des soins, Coordonnateur général des soins,
CHU de Bicêtre, AP-HP (SR)

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles
Inscriptions sur
formation.ethique@sls.aphp.fr

06 novembre 2007

« L'homme bionique, c'est pour demain » Le Parisien




Le Parisien consacre sa Une à la « révolution des organes artificiels », titrant en gros caractères : « Bientôt un corps 100 % réparable ». Le journal remarque ainsi : « Œil électronique, implant auditif invisible, bras, squelette et même utérus artificiels... Jamais la technologie n'a autant révolutionné la recherche médicale ». Le Parisien relève sur deux pages qu’« un peu partout sur la planète, des chercheurs testent de nouvelles techniques pour «réparer» le corps humain. Grâce aux dernières avancées de l'électronique, du numérique, de la vidéo ou encore des liaisons sans fil, des médecins espèrent améliorer la vie de millions de patients qui souffrent ».


« Et les scientifiques français sont particulièrement en pointe ! », observe le quotidien. Le journal revient sur l’opération de greffe partielle du visage effectuée en janvier dernier par le Pr Laurent Lantieri, à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), sur un patient souffrant de la maladie de Von Recklinghausen.


Le Parisien indique par ailleurs qu’« il y a quelques jours, le Pr José Sahel, de l'hôpital des Quinze-Vingts à Paris, s'est vu décerner le prix Altran pour l'innovation », pour « avoir conçu une rétine artificielle qui pourrait bien être capable, d'ici quelques années, de redonner la vue... aux aveugles ! ».


« Reste qu'entre l'«homme réparé», qui reste une affaire de médecins, et l'«homme amélioré» ou «augmenté», qui soulève de lourds débats philosophiques, les limites sont ténues », continue le journal. Le quotidien remarque en effet que « certaines inventions dépassent les objectifs de la médecine. Ainsi, l'exosquelette, sorte de combinaison munie d'articulations électroniques, intéresse beaucoup les militaires : cet équipement peut en effet décupler les forces de ses utilisateurs ! ».

« De même, l'utérus artificiel, consistant à permettre à un foetus de se développer à l'extérieur du ventre maternel, pose de nombreuses questions éthiques. A partir de quand est-on encore un être humain ? Remplacer un membre n'a-t-il aucune conséquence ? », s’interroge Le Parisien.


Le quotidien cite toutefois Henri Atlan, biologiste et philosophe, spécialiste de la bioéthique, qui déclare que « tout progrès thérapeutique n'implique pas la recherche de l'immortalité. Pallier une déficience, ce n'est pas faire un surhomme. On a toujours mis une jambe de bois à celui qui l'avait perdue ! Il faut juste qu'il y ait assez de motivations sociales pour intéresser les gens » .


Mediscoop du 06 novembre 2007